Le projet

Origine : juin 2008 | En ligne :  1er mai 2009

Soutien à une école de théâtre pour des enfants défavorisés

École créée et animée par une comédienne française, à Caracas, pour apprendre aux enfants, confrontés à la violence dans leur vie quotidienne, à se découvrir et à se réaliser individuellement dans un climat de confiance.

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"Je m’appelle Elodie Bernardeau, je suis comédienne, française, j’ai 31 ans. En Janvier 2007, je suis invitée à Caracas, capitale du Vénézuela, pour jouer dans une pièce de théâtre. Intriguée par cette ville folle et fascinante, je décide d’y rester pour en connaître les coins où l’on a refusé de m’emmener, les coins qualifiés de "coupe-gorge", où l’on ne peut, selon certains, pas pointer le bout de son nez sans se faire agresser. Ces coins là s’appellent 23 De Enero, Petare, El Valle, San Agustin del Sur, Pinto Salinas… Oui, la violence de ces quartiers est indéniable, les enfants sont confrontés très jeunes à des situations douloureuses, et malheureusement il n’est pas rare d’y entendre retentir des coups de feu le soir. Mais dans ces quartiers, j’ai avant tout été impressionnée par les gens merveilleux que j’ai croisé : collectifs d’artistes, travailleurs sociaux, conseils communaux, groupe de femmes engagées... Eux, m’ont fait découvrir Caracas avec tout leur cœur et un humanisme exemplaire.
Un jour j’accompagne un groupe de clowns dans le quartier d’ El Valle, tout en haut des collines, tout en haut de ce que l’on appelle un "barrio", quartier populaire construit par les habitants eux-mêmes. Les clowns débarquent dans le barrio, les yeux des enfants s’animent d’une petite flamme que je connais bien, la même petite flamme qui illumine ma vie depuis que je fais du théâtre, de la musique et de la danse.
Je décide alors de rester un peu plus ici pour faire du théâtre avec les enfants du coin, s’ils en ont envie. J’ai commencé en Novembre 2007 ; dans le quartier de San Agustin del Sur.
San Agustin del Sur a vu naître de grands artistes, comme les musiciens du groupe "Madeira", tous, à l’origine, des enfants du quartier auxquels on a proposé de jouer des percussions au lieu de traîner dans la rue, c’était il y a trente ans. Le quartier comptait aussi des artisans-musiciens-inventeurs qui ont donné naissance à de nouveaux types de percussion. Aujourd’hui s’y achève la construction du premier téléphérique de Caracas, à l’image de celui de Medellin en Colombie, qui permettra bientôt aux gens d’arriver chez eux en télé-cabine au lieu d’avoir à crapahuter les pentes du barrio et leurs escaliers interminables.
Et puis dans le secteur qu’on appelle Marin, il y a La Casa l’Alameda. C’est un ancien théâtre, reconverti en cinéma, puis laissé à l’abandon, que la communauté a "pris", "investi" en 2004 pour en faire une Casa de la Cultura, Maison de la Culture.
Si vous entrez un samedi après-midi dans La Casa l’Alameda, vous verrez dans un coin Pacheco qui apprend aux gens du quartier à jouer du cuatro ; dans un autre coin Faride qui enseigne les percussions ; dans la salle d’à côté Tery qui enseigne les danses traditionnelles afro-caribéennes, Irma qui se démène pour organiser les activités ; Gamelote qui nous motive pour crapahuter tout en haut du barrio afin de ramasser les déchets, communiquer avec ceux qui vivent tout là haut sur la nécessité de les ramasser régulièrement, mais aussi leur parler des activités culturelles entièrement gratuites proposées à L’Alameda, les inviter à participer...

Et puis dans une autre salle, vous tomberez sur un groupe de jeunes acteurs : Nahomy, Nayavier, Alexis, Semys, Francis, Yonaire, Angely, Jonailer, Barbara, Irian et Yarianny, en train de répéter "El Avaro" de Molière, sous le regard d’Orlando Suarez et moi-même.
Ils ont entre 9 et 14 ans ; ils sont drôles, intenses, surprenants, enthousiastes, et attachants... très !!!
Les cours ont lieu les jeudis et samedis après-midi, et nous espérons présenter une première ébauche de la pièce à la fin du mois d’avril sur les planches mêmes de la Casa l’Alameda.
D’autres lieux à Caracas souhaiteraient nous recevoir : le Nuevo Circo, un superbe cirque antique qui vient d’être restauré et où nous nous activons ; comédiens, danseurs, circassiens et musiciens du Vénézuela et d’ailleurs, pour proposer des spectacles variés, gratuits, et nombreux, ouverts aux spectateurs de tous horizons.
L’Alliance Française est très intéressée par le projet et le Collège Français de Caracas pourrait nous ouvrir son auditorium pour une représentation.
Le projet a reçu l’an dernier un petit soutien financier de la Mairie de Caracas ; et aujourd’hui, les Associations FREMA et De La Suite dans les Idées, en partenariat avec la Mairie de Caracas, nous apportent elles aussi une aide qui permet d’accorder une rétribution aux intervenants vénézueliens pour le temps et l’énergie investis auprès des enfants.

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la jeune troupe de comédiens et Elodie Bernardeau

A chaque répétition de “l’Avare”, d’autres enfants pointent leur nez pour voir, et parfois ils se joignent à nous et nous leur donnons un petit rôle ou une scène à lire. Parfois certains finissent par s’incorporer à la troupe.
Parfois d’autres cessent d’assister, parce que tout change et bouge vite à cet âge et dans ce quartier. Mais la pièce se monte, “poco a poco”, petit à petit, et depuis novembre 2007, au moins une cinquantaine d’enfants est passée par cet atelier, certains pour ne plus le quitter, d’autres pour moins longtemps, certes, mais tous ont pu faire l’expérience du plateau, de la scène, essayer un nez de clown, jouer à passer d’une émotion à une autre, affronter certaines peurs, entendre pour une fois le son de leur propre et véritable voix, exprimer en improvisation l’intensité de certaines situations vécues à la maison ou dans le quartier, lire un extrait de “L’Avare”… A la Casa l’Alameda pointent leur nez des artistes internationaux qui, ayant entendu parler de la Maison dans la presse ou les reportages, viennent donner un coup de main ponctuel.
Ainsi l’an dernier, le dramaturge New-Yorkais Jose Ignacio Cortinas s’est joint à nous pour quelques mois, jouant les assistants metteur en scène pour “L’Avare”, et menant auprès de notre petite troupe un joli travail d’écriture."


Commentaires

jeudi 14 mai 2009 à 20h15, par  Julie

Hermana del Sol ! Bravo pour ton travail et ton engagement, magnifique serait peu dire... Le meilleur des fluides suisse à toi et tes artistes en herbes, et que brûlent les planches de belles émotions et de partages enrichissants... Bonjour à François & Emmanuelle et Bravo pour le site. "Tout de bon" à vous tous, comme on dit chez nous. Julie.

 
mercredi 13 mai 2009 à 12h21, par  Sylvain

Fantastique Élo - bravo - accroche-toi et continues... Sylvain.